Roma – Napoli : l’humilité au service de l’efficacité

« Nous devons rester humbles ». Malgré son bilan parfait sur le plan comptable, Rudi Garcia garde la tête froide. Vendredi soir, sa Roma a encore pris trois points, face à l’un de ses concurrents majeurs : le Napoli de Rafa Benitez. Grace à un jeu varié et une gestion lucide de leurs temps faibles, les Romains passent avec succès cette nouvelle étape de montagne, après avoir fessé l’Inter 3-0 à San Siro. Retour sur ce premier duel au sommet entre les deux coachs étrangers du moment en Serie A.

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8 victoires en 8 matchs pour l’entraineur français de la Roma.

433 contre 4231 et déchet napolitain

L’entame de la partie laisse croire à une opposition classique et logique entre Garcia le faux-Français à l’espagnole et Benitez le faux-Espagnol à l’italienne : un 433 de possession et d’occupation face à un 4231 d’attaque rapide. Lire la suite

La marche du Bayern sur Manchester

D’aucuns doutaient de ce que Pep Guardiola pouvait apporter au Bayern Munich… La démonstration de football total offerte hier sur la pelouse du Manchester City de Manuel Pellegrini leur a donné plusieurs éléments de réponse. Totalement supérieur collectivement, le Bayern a marché pendant 80 minutes sur une équipe qui semblait pourtant avoir les arguments collectifs et individuels pour le contrarier, mais qui l’a prouvé bien trop tard.

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Un bleu face à trois rouges, métaphore de ce City – Bayern

Pour le commun des mortels, jouer à l’extérieur constitue un désavantage, menant parfois à une certaine inhibition. Le premier quart d’heure permet au Bayern de déclarer à l’Europe qu’il ne connaît pas ce sentiment. Il ne connaît que la confiance. Hier, les Bavarois ont surclassé l’équipe de Manuel Pellegrini en appliquant nombre des ingrédients du succès de Guardiola à Barcelone : pressing tout terrain, qualité de passe, mouvement perpétuel, permutations et qualité défensive. Lire la suite

Le Barça nouveau de Tata Martino

« Avec Pep et Tito, nous étions esclaves du tiki-taka ». Les mots sont forts, et ils sortent de la bouche de Gerard Pique, dans la Gazetta dello sport cette semaine. Dans la même interview, le défenseur espagnol louait les avantages du jeu long, et se félicitait de l’arrivée d’un coach non-catalan, plus enclin à tenter de nouvelles expériences. Les paroles ont été suivies des actes. Face à l’Ajax, le Barça n’a possédé le ballon qu’à 55%. Une misère, comparée au dictats de ces dernières années. Evidemment, c’était volontaire. Le Barça est mort. Vive le Barça !

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Dans le paquet, Javier.

Pendant les années Tito-Guardoliennes du Barça, l’équipe avait l’habitude de cumuler entre 700 et 800 passes par match, et de maintenir sa possession entre 70 et 80%. Hier, face à l’Ajax, les Catalans n’en ont échangées que 576. Un renoncement relatif au tiki taka symbolisé par l’absence de Xavi, LE joueur qui incarne sur Terre cette approche du jeu. Moins obsédés par le jeu court, moins possesseurs du ballon et plus patients au moment de le récupérer, les hommes de Tata Martino ont montré un visage tout-à-fait nouveau face à l’Ajax. N’ayons pas peur des mots. Tant dans l’approche défensive que dans l’animation offensive, c’est à une petite révolution que nous avons assisté. Lire la suite

La démo du Bayern

Un coup de gueule de Sammer, un contre coup de gueule de Hoeness, une deuxième place de Bundesliga et des choix tactiques discutés en mondovision, le FC Hollywood coaché par Guardiola, c’est Dallas. Et si son Bayern a encore une grande marge de progression, il n’a déjà plus beaucoup de marge d’erreur. Opposés hier au CSKA Moscou, les Bavarois ont proposé une prestation collective de haute tenue face aux champions de Russie. 

Arjen Robben, buteur et passeur face au CSKA Moscou.

Arjen Robben, buteur et passeur face au CSKA Moscou.

Asphyxie façon Pep !

Les dix premières minutes du match sont une démonstration de Guardiolisme. Utilisation de la largeur, pressing, redoublement de passes, triangulations, appels obliques, variations… bref, un régal. Devant, ça permute dans tous les sens. Robben vient se promener à gauche, ou dans l’axe. Pendant ce temps, Muller devient ailier droit. Alaba et Rafinha montent d’un cran. Lahm dirige le chantier pendant que Kroos pilote la grue pour déposer de longues diagonales à chaque coin de terrain. Mandzukic et Ribery échangent aussi les positions, le ballon circule vite et bien. La possession est colossale, l’occupation du terrain est impériale, les occasions sont nombreuses et l’oxygène est rare pour des Moscovites pourtant bien organisés, disciplinés, athlétiques et courageux. Lire la suite

Les chantiers de Pep Guardiola au Bayern

« Je laisse à Guardiola une équipe en parfait état ». Par cette sortie, Heynckes, filou, déposait un épais sac de gravas sur le dos de Pep Guardiola en guise de cadeau de bienvenue. Une saillie à l’image de la pression mise sur le Catalan, entraîneur sans droit à l’erreur de l’équipe qui vient de tout gagner. Mais le chef de file de la plus belle équipe de ces 20 dernières années, n’est pas un décorateur d’intérieur. C’est un architecte. Il veut imposer sa patte. Il va imposer sa patte. 

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Pep Guardiola prévient. Au dessus, c’est le soleil.

La première question qui se pose au moment de la nomination de Guardiola, en janvier dernier, était de savoir s’il conserverait le 4-2-3-1 de Heynckes, dont on ne savait pas encore qu’il réaliserait un éclatant triplé, le tout en enjambant la Juve et en biflant à mort le Barça. Réponse : Non. Pour ceux qui en doutaient Guardiola est bien un entraineur qui a de grosses… convictions. Adieu le 4-2-3-1 tendance 4-2-4, bonjour le 4-3-3 (4-1-4-1 pour les chipoteurs les plus assidus) tendance 4-6-0.  Si le Bayern est loin d’être en ruine, et n’a pas encore changé du tout au tout, Pep a tout de même – à sa propre initiative – de nombreux chantiers. Lire la suite