Analyse du RB Leipzig : Contrer contre le contre

  • L’équipe d’Hasenhütl joue un football totalement atypique, ultra-vertical
  • Les phases de transition sont au cœur de leur plan de jeu
  • L’équipe défend pour bien contre-attaquer…
  • … Et attaque pour ne pas se faire contrer
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Timo Werner, leader offensif d’une équipe explosive

S’il n’est pas rare de voir Hasenhütl adapter son schéma selon les circonstances (433/3412), son système préférentiel reste le 442 classique. Schéma qui devrait être reconduit face à l’OM.

Un système conçu pour défendre en zone, et bien contre-attaquer.

Au delà de cette approche minimaliste, le technicien autrichien a développé un modèle de jeu totalement atypique et très contrariant pour l’adversaire.

Sortie de balle : Fixer – Ne pas renverser – Ne pas se faire contrer

La plupart des équipes qui pratiquent le jeu de position le font pour déstabiliser l’adversaire par la possession. L’un des principes les plus basiques de ce football et le « fixer-renverser ». Attirer l’adversaire d’un côté pour aller le déséquilibrer de l’autre.

Leipzig adapte ce principe, en blindant le côté ballon, mais en allant le plus vite possible chercher la verticalité.

Les joueurs sont très proches les uns des autres en phase offensive : les circuits de renversement n’existent pas et il est très compliqué pour les Lipsiens de libérer un joueur face au jeu pour avancer.

En revanche – malgré cette relative pauvreté offensive, le passage de l’attaque à la défense est très sécurisé. Plus qu’il ne le serait chez une équipe qui occuperait plus « naïvement » la largeur pour placer son jeu.

Densité autour du ballon au moment de placer le jeu = densité autour du ballon à la perte.

Les principes offensifs de Leipzig similaires à ceux d’autres équipes pratiquant le jeu de position avec un double-pivot :

  • Décrochage de Keita (milieu défensif/relayeur)
  • Décrochage de Demme/Kampl (l’autre relayeur)
  • Latéral coté ballon au large
  • Occupation des halfspaces, soit par l’ailier côté ballon, soit par un des deux attaquants

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Devant, les 4 offensifs multiplient les courses « inverses » et (donc) complémentaires : Quand Werner décroche, 2 autres attaquants attaquent la profondeur.

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Les centraux adverses sont alors face à un dilemme :

  • Suivre Werner perturberait l’alignement, en sachant que la profondeur sera attaquée
  • Ne pas le suivre et reculer en restant alignés ouvre la possibilité aux relanceurs d’aller chercher le crack allemand entre les lignes
  • D’autant plus qu’un 4e attaquant (Forsberg) ou un des 2 relayeurs (Keita) n’hésite pas à se promener entre les lignes

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Tout cela se passe sur un très petit périmètre, et la densification de l’axe est très problématique pour l’adversaire :

  • Les latéraux adverses sont forcés à rester compacts pour faire le nombre face à cette surpopulation de l’axe du terrain.
  • Ils n’ont pas le temps de se réorganiser sur la largeur pour repasser à l’attaque s’ils récupèrent
  • Les ballons finissent par être rendus sous pression

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Avec son style atypique, Leipzig atteint sur sa sortie de balle le même objectif qu’une équipe conçue pour jouer au ballon : Faire reculer l’adversaire et s’installer dans le camp adverse.

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La domination territoriale de Leipzig face au Zenit en stats : Les Allemands perdent beaucoup de ballons dans le camp adverse (1), mais les récupèrent vite grâce à leur compacité latérale en phase offensive (2). Le Zenit récupère très bas (3) et rend beaucoup de ballons dans son camp (4)

Dans le camp adverse : Profondeur, décrochages et déviations

Une fois installé dans le camp adverse grâce à cette méthode, le rapport de force imposé par Leipzig reste le même : Attaquants proches les uns des autres, recherche de la verticalité et de la combinaison :

  • Les ailiers restent très axiaux, souvent tous les 2 au centre du terrain
  • Un offensif vient entre les lignes, pendant que
  • 2 autres attaquants menacent la profondeur dans l’axe, avec une utilisation vicieuse du hors-jeu passif, qui fait reculer la défense
  • On recherche à combiner en créant une égalité / supériorité numérique locale autour du ballon
  • Les permutations sont multiples entre les 4 offensifs

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Si l’adversaire suit naïvement les décrochages d’un attaquant de Leipzig, la sanction tombe immédiatement. Kamil Glik, comme Felipe (Porto) après lui, l’apprendront à leur dépends.

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Animation défensive : 4-4-2 classique et couverture mutuelle

Les principes défensifs du RBL sont simples :

  • Un 442 à plat très compact, qui défend en zone, avec pour priorité de fermer l’axe et d’empêcher l’adversaire d’y combiner.
  • Leipzig incite l’adversaire à écarter, et les ailiers attendent le temps de passe pour sortir.
  • La défense est relativement haute et tache de rester proche du milieu, tout en contrôlant la profondeur.
  • Keita et son partenaire au cœur du jeu veillent à bien se couvrir mutuellement: si l’un des 2 sort presser plus haut – comme c’est le cas sur les séquences de pressing haut en 4132 – l’autre redescend.

Transition offensive : L’appel extérieur-intérieur de Werner

N’étant pas calqués sur l’adversaire en phase défensive, les Lipsiens attendent la moindre inexactitude pour exploser en contre. Avec sa vitesse et son adresse face au but, Timo Werner est l’arme offensive numéro 1 de Leipzig à ce moment-là :

Une fois le ballon récupéré, l’Allemand – souvent aligné axe gauche – flirte avec la ligne du hors-jeu, en tachant de sortir du champ de vision du central ou du latéral sur son côté.

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Werner s’écarte, et sort du champ de vision d’Ivanovic, pendant que Keita mène le contre et va fixer un milieu de terrain

Pendant ce temps, son partenaire d’attaque sprint vers l’avant et fait reculer la défense pour lui permettre d’être en jeu.

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Si l’autre attaquant (qui peut être un milieu qui se projette) est hors-jeu (passif), il sera toujours disponible pour être servi face au but vide par Werner, trouvé – lui – en jeu.

Si la défense recule, Werner ne se fait pas prier et allume avec efficacité.

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Son profil complet attire la convoitise du Barça, et il est très difficile suivre ses petits appuis toniques (voir son duel avec Süle). Un énorme test pour les centraux de l’OM, souvent en difficulté dans les phases de transition.

Werner raffole de cet appel vers l’intérieur et joue rarement seul en pointe, il est même aligné ailier si le RBL joue en 4-1-4-1.

Verticales limites

Comme beaucoup d’équipes atypiques, Leipzig n’est jamais aussi contrarié que face à son miroir. Hoffenheim  les avait fait exploser en leur laissant le ballon. Face au Zenit ou à Porto en LDC, on a également vu des séquences de possession verticales gêner le 442 en phase défensive.

Rien n’est plus confortable pour eux qu’une équipe de possession et de longue préparation.

La verticalité de l’OM peut sortir le RBL de sa zone de confort. Cela implique des ballons compliqués à bonifier pour les talents offensifs, en premier lieu Payet.

Des détails comme les touches vites jouées vers l’avant – et évidemment, les coups de pieds arrêtés – peuvent également faire la différence.

Pour l’OM, le point-clé sera la gestion de la transition défensive, et la capacité de Rami, Rolando ou même Abdennour à gérer l’explosivité et le talent de Werner.

En tachant de ne pas perdre de ballon dans l’axe, face à une équipe qui punit immédiatement en contre les bavures techniques de ses adversaires.

Victor Lefaucheux

 

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Une réponse à “Analyse du RB Leipzig : Contrer contre le contre

  1. Super article!!!!

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