Real Madrid 4-1 Atlético Madrid : La Decima au finish

L’Atléti a craqué dans les arrêts de jeu et le Real a conquis sa dixième Ligue des Champions à Lisbonne. Neutralisé en première mi-temps, Madrid est revenu après les entrées de Marcelo et Isco et le repositionnement de Modric. Epuisée, l’équipe de Diego Simeone a peut-être payé l’énorme dépense d’énergie inhérente à son plan de jeu.

Real Madrid v Atletico de Madrid - UEFA Champions League Final

La joie du Real Madrid, champion d’Europe 12 ans après.

Des fautes, des longs ballons, des coups, du repli et deux buts sur corner. Cette finale 100% Madrilène n’a pas vraiment la consacré le football espagnol dans sa dimension la plus esthétique. Un match haché et tactique, un Cristiano éteint et un Bale enfermé. Un Real sans solution, qui parvient à revenir grâce aux choix offensifs de son entraineur, récompensés par un corner à la 93e. Voilà par quoi il fallait passer pour accrocher les prolongations par lesquelles Madrid a conquis sa Decima, face à une Atléti héroïque, mais à bout de force. 

Le Real neutralisé

Pendant la première heure du match, le Real s’est trouvé neutralisé de la même façon qu’il l’avait été en championnat lors du dernier derby (2-2). Villa et Adrian coupaient la relation entre la relance et le cœur du jeu, forçant Di Maria et Modric, soit à décrocher derrière la ligne médiane, soit à s’excentrer latéralement, soit à « foncer dans le tas », et buter sur le milieu de l’Atlético, comme à son habitude très compact.

L’axe bouché, les latéraux du Real devenait alors les destinataires naturels des passes diagonales de Ramos ou Modric. Et leurs options étaient tout aussi limitées : jouer en retrait et prolonger une possession latérale infructueuse face au bloc de l’Atléti, ou envoyer des centres forcés, avec très peu de chances de créer le danger dans les airs.

Quand l’Atlético récupérait le ballon grâce à ce plan, le Real devait faire face à un second problème : l’énorme pressing des Colchoneros sur les seconds ballons, point faible des Madridistes lors de la finale de la Coupe du Roi. C’est d’ailleurs en mettant Varane sous pression dans ces conditions que Villa obtient le corner qui va faire mouche.

Le plan le de l’Atléti (milieu resserré et pressing les seconds ballons) ne laisse de la liberté au Real que sur ses flancs. Mais difficile (impossible) d’y trouver une solution dangereuse : 0 centre réussi sur 9 et seulement 2 corners obtenus par le Real en première mi-temps.

Le plan le de l’Atléti (milieu resserré et pressing les seconds ballons) ne laisse de la liberté au Real que sur ses flancs. Mais difficile (impossible) d’y trouver une solution dangereuse : 0 centre réussi dans le jeu sur 9 et seulement 2 corners obtenus par le Real en première mi-temps.

5 + 5 / L’incompatibilité des profils offensifs

Le Real s’est trouvé extrêmement gêné dans cette configuration, et coupé en deux groupes de 5 joueurs.

Une relance à 5 (Ramos – Varane + les 3 milieux) sans vraie solution, et une attaque à 5 tout aussi neutralisée : Deux latéraux à l’inutile liberté, et 3 attaquants coincés entre une défense et un milieu dont la forme resserrée empêchait définitivement le contact avec eux.

L’organisation défensive de l’Atléti neutralise le Real en attaque placée : De la liberté pour les latéraux, mais pas de possibilité pour les attaquants d’être servis, et l’obligation pour Di Maria et Modric de dézoner latéralement ou vers l’arrière.

L’organisation défensive de l’Atléti neutralise le Real en attaque placée : De la liberté pour les latéraux, mais pas de possibilité pour les attaquants d’être servis, et l’obligation pour Di Maria et Modric de dézoner latéralement ou vers l’arrière.

Ce relatif échec offensif n’était pas tant celui du système que celui des profils. Même quand Di Maria prenait son aile gauche, et que Madrid attaquait en 442, (0 centre pour Coentrao), le contact interligne était aussi impossible que la création du danger derrière le back four (cf. le 0/9 aux centres).

Forcément, Ronaldo, comme Bale, était dans un grand inconfort tactique face à cet Atléti aux lignes serrées, qui lui avait en plus réservé un petit traitement de faveur sur les longs ballons dont il était la cible.

Malgré l’excellence de son organisation défensive, l’Atléti n’avait pas pléthore de solutions en transition, si ce n’est celle de balancer, puis de proposer un pressing de viking sur le malheureux Madridista à la retombée.

Cette stratégie est tout sauf économique sur le plan athlétique. Et si elle permet aux rojiblancos de donner l’impression à leur adversaire qu’il joue contre un 4-6-4, il fait toujours flirter les joueurs offensifs avec la blessure musculaire. Dur de ne pas faire un lien entre cette surconsommation énergétique et les blessures du printemps.

Le Real ne créera sa première différence que sur le contre d’un corner, par une percussion de Di Maria, fauché tactiquement par Raul Garcia. La deuxième viendra d’une interception de Bale sur une transversale mal sentie par Tiago. Le repli s’opère dans la précipitation, mais là encore, le Gallois est mal à l’aise entre la défense et le milieu de l’Atlético, perturbé par le retour vertical de Tiago et la compensation horizontale de Miranda.

L’Atléti ouvre finalement le score sur une phase arrêtée. Varanne et Ramos chutent en même temps après que le Français ait coupé le corner de Tiago, et ne sont plus aptes à disputer le deuxième ballon. C’est bien individuellement que le Real faillit à ce moment-là : Godin n’avait absolument pas les moyens de mettre en danger Casillas de la tête. En partant à l’aventure, le gardien espagnol est bêtement lobé.

A la moitié des 120 minutes, le constant est simple : Le Real a droit à la latéralité, il a droit à la possession, mais il est ne peut pas être dangereux. Seul Di Maria peut percuter, passer en force. L’Atléti mène et maitrise en n’ayant pas une seule fois été dangereuse dans la construction. On se dirige vers une consécration du contre-modèle. A Carletto de trouver les solutions.

Les changements de l’heure de jeu

Ancelotti remplace un Coentrao inutile offensivement par Marcelo plus habile et fait entrer Isco pour Khedira, remplacé en pointe basse du milieu par Modric. Le Real se trouvait alors dans un 442 dont les deux centraux était les seuls joueurs à vocation défensive. Avec Modric en meneur de jeu reculé, et Marcelo en deuxième ailier gauche. Plus de contacts, plus de triangulations rapides, mais toujours aussi peu d’espace quand l’Atlético se replie. Naturellement, la situation d’attaque-défense s’est précise alors que les matelassiers se rapprochent de la gloire. Epuisés par leur harassant double-plan, les Colchos sont passés en 4141 avec l’entrée de José Sosa.

Modric, premier relai pour les défenseurs après la sortie de Khedira, sera bien plus tranchant que l'Allemand dans ce rôle.

Modric, premier relai pour les défenseurs après la sortie de Khedira, sera bien plus tranchant que l’Allemand dans ce rôle.

10 dernières minutes : Madrid pilonne sur la gauche

La fin match arrivant, les offensifs blancs ont ajouté de la concision dans les attaques. La première touche ne peut pas être brouillonne si près d’un tel échec. Derrière, Varane est intraitable, le ballon va vite au sol quand l’Atléti balance. Marcelo pèse énormément dans la construction, son jeu assez intérieur et sa capacité à décaler Di Maria ont accentuent la fragilité de l’Atlético. Il n’y a plus de transition défense-attaque et l’Atlético se trouve dans la même situation qu’au Camp Nou à l’aller à 1-1. Les centres pleuvent depuis le côté gauche. Ramos devient avant centre et le seul Varane ne se joint pas aux attaques.

Juste avant la fin du temps règlementaire, l’Atléti remet en place son pressing sur un dégagement de Courtois. Le Real, empêché de construire, perd énormément de temps et n’a jamais semblé aussi loin de l’égalisation. Les Rojiblancos vont se replier et offrir au Real une dernière chance en attaque placée. A ce moment-là, plus que jamais la qualité technique d’Isco, de Modric, de Marcelo, et même de Morata s’est avérée décisive. Toujours au bord de la perte de balle, les Merengues sont parvenus à multiplier les échanges, à créer les décalages sur le côté gauche, et à centrer, jusqu’à obtenir corner de la 93e.

4 rojiblanco en zone, 4 en individuelle, Ronaldo et Bale qui embarquent Juanfran et Alderweireld, et Ramos qui surgit. Prolongations.

L’erreur de Cholo ?

L’Atléti craque dans la deuxième mi-temps d’une prolongation qu’elle finit sur les genoux. Forcément, l’image d’un Juanfran boitant bas pousse forcément les doigts à se pointer vers Cholo, qui a décidé de faire débuter un Costa incertain.

Diego Simeone a assumé son erreur après match, mais en était-ce vraiment une ? L’entraineur argentin a l’habitude de n’effectuer ses changements que dans les dix dernières minutes. Si Costa avait débuté sur le banc, et qu’il avait cédé à la tentation de le faire entrer – rappelons que c’était surement son dernier match avec l’Atléti – n’aurait-il pas gaspillé un changement de plus ?

La surconsommation d’énergie est consubstantielle à sa méthode. Son équipe court toujours plus que l’adversaire. Facile à dire après une égalisation à la dernière minute sur corner, mais c’est aussi cette « limite » stratégique que l’Atlético a touchée en craquant sur la fin. Sur l’égalisation par manque de lucidité, et dans la prolongations par manque de ressource physique.

Le contrôle raté de Tiago sur la relance de Casillas s’inscrit aussi dans cette logique. Après l’erreur individuelle du Portugais, deux lignes sont déjà cassées et la qualité de percussion de Di Maria fait la différence face à un Juanfran sur une demi-jambe.

L’équilibre pressing-repli

La grande force de l’Atléti cette année a été sa capacité à être ultra-compacte dans le repli, tout en imprimant un énorme pressing tout terrain par séquences. Sur le but de Bale, on constate que même à ce moment du match, quand Ramos sert Casillas en retrait, 4 Colchos sont dans le dernier tiers pour produire ce pressing.

4 rojiblancos dans le dernier tiers quand Casillas dégage

4 rojiblancos dans le dernier tiers quand Casillas dégage

Sur l’attaque placée qui amène l’égalisation, l’Atléti a interrompu une séquence de pressing tout-terrain efficace pour se replier. Si elle avait continué à presser après le dégagement en touche de Koke, le Real aurait-il pu obtenir ce dernier corner ? Avait-elle les moyens physiques de le faire ? Toujours est-il qu’elle a indirectement payé son repli sur le 1-1, et son pressing sur le 2-1. Le double plan de Cholo est harassant physiquement, et perturbe aussi une lucidité qui est la mère des détails et des bonnes décisions dans ces matchs couperet.

L’apport des remplacants / la qualité des centraux

Le Real n’a pas volé son succès. Mis en échec dans le rôle – qu’on a tant vu cette saison – du possesseur stérile, Ancelotti a su trouver les solutions pour rendre son équipe plus dangereuse dans les petits espaces offerts par le 442 de Simeone. Isco et Marcelo ont apporté une progression significative en attaque placée après la sortie de Khedira et Coentrao, et le passage de Modric en pointe basse permis une utilisation optimale du ballon.

L'apport offensif significatif de Marcelo a été une (la?) clé de cette finale.

L’apport offensif significatif de Marcelo a été une des (la?) clés de cette finale.

Les deux centraux Madrilène ont été intraitables dans le duel et ont rempli leurs rôles dans tous les domaines. Défensivement (dans l’impact et le 1 contre 1) et offensivement, par leur capacité à mettre rapidement le ballon au sol, de sorte à ce que le moins de temps possible soit perdu. Ce n’était pas chose aisé face au pressing de l’Atléti, notamment sur les seconds ballons, et la performance majuscule de Varane en remplacement de Pepe est évidemment à souligner. Quand le Real est passé dans sa configuration finale, avec deux latéraux d’attaque, et deux milieux très offensifs en relayeurs, ils étaient les seuls joueurs défensifs du Real. En défendant comme ils l’ont fait, ils gardé intactes les chances de leur équipe. Ils ont finalement été récompensés.

 

Victor

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Une réponse à “Real Madrid 4-1 Atlético Madrid : La Decima au finish

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