Bayer 0–0 Bayern : Le Bayern bloqué par le pressing de Schmidt

En dépit du score nul et vierge sur lequel ils se sont quittés, le Bayer Leverkusen et le Bayern Munich ont offert un spectacle très intéressant dimanche dernier à la BayArena. En allant chercher le Bayern très haut dans son camp, Roger Schmidt a posé de gros problèmes à Pep Guardiola, qui s’était pourtant organisé de manière à casser le pressing du coach allemand.

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Roger Schmidt / Pep Guardiola

L’organisation du Bayern  

Face au 4-4-2 à plat de Schmidt, Guardiola a également opté pour une défense à 4 (Alaba – Badstuber – Kimmich- Lahm). Devant elle se tenait le double-pivot Xabi Alonso – Vidal. Coman et Robben évoluaient sur chaque aile et Douglas Costa joignait Lewandowski en tant qu’attaquant axial droit, dans une position un peu plus basse (et avec plus de mouvement vers l’extérieur) que le Polonais.

Avec ce système proche du  4-2-4, l’ambition de Guardiola était toujours de sortir court grâce à la largeur et aux décrochages d’Alonso et Vidal, tout en s’offrant la possibilité de percuter avec Coman, Douglas Costa et Robben. Mais cela n’a pas parfaitement fonctionné face au pressing des hommes de Schmidt.

Le pressing de Leverkusen : bloc médian et intervention sur le temps de passe 

En phase défensive, le Bayer s’organise en 4-4-2 à plat. La ligne défensive est relativement haute (à peu près 40m) et le bloc en « 4-2 » formé par les 4 milieux et les 2 attaquants est à la fois médian et haut. Cela permet aux joueurs rouge et noir d’être à la fois très proches du porteur, proches les uns des autres et très compacts latéralement.

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Les positions moyennes des titulaires face au Bayern : un bloc milieu compact qui oriente la relance de l’adversaire vers l’extérieur et le prive de relai entre les lignes

Pour empêcher le Bayern de sortir court, le pressing était presque total : homme à homme sur tout le terrain, sans « +1 » derrière. Cette formule était en théorie risquée voire suicidaire, mais a parfaitement fonctionné, grâce à au comportement intelligent des milieux et des attaquants.

Tout était basé sur la protection de l’axe et le harcèlement (exclusif) du porteur, selon la position du ballon : Seul le joueur servi était chargé, les autres restant « avec » le bloc : La donne était la même pour les 4 milieux de terrain : donner de la densité au bloc en conservant un position médiane, mais sortir immédiatement sur « son » joueur au moment où il est servi.

Si le ballon était chez Neuer, Chicharito et Kiessling allaient isoler Kimmich et Badstuber à 2 contre 2, alors que Kramer et Kampl suivaient Vidal et Xabi Alonso en se tenant prêt à jaillir et à intervenir sur le temps de passe si les milieux bavarois étaient servis dans les pieds.

Dans ce cas (ballon axial), les ailiers Calhanoglu et Bellarabi conservaient une position médiane (en terme de hauteur) et relativement intérieure (latéralement), en se tenant prêt à sortir sur Lahm ou Alaba s’ils étaient servis par leurs centraux ou leur gardien.

Le milieu latéral côté ballon se tenait prêt à sortir sur son latéral (par exemple, Calhanoglu sur Lahm si le ballon est chez le central droit), alors que le milieu opposé venait au contact du relayeur opposé (Bellarabi proche de Vidal dans ce cas). Si le plus libre (ou plutôt le moins marqué) était souvent Alaba quand le ballon était à droite, Neuer n’avait d’autres choix que d’aller chercher l’un de ses 4 attaquants par du jeu long : Bellarabi aurait eu le temps de sortir sur l’Autrichien si Neuer l’avait choisi.

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L’organisation du Bayer face à la sortie de balle du Bayern : un bloc médian et chaque joueur prêt à sortir sur son adversaire direct bavarois

Grâce à cette compacité latérale et à cette station médiane du milieu, le bloc conservait toujours un minimum de structure pour protéger la défense en cas de long ballon ou de passe verticale. Sur la vidéo ci-dessous, on voit Bellarabi « devenir » milieu défensif à la place de Kramer sur une attaque verticale du Bayer sur laquelle Kramer et Kampl étaient allés « chasser » Alonso et Vidal dans le camp du Bayern pour empêcher la sortie courte.

Le fait que les milieux ne partent pas « à l’abordage » au pressing laisse au Bayer la possibilité de se replier rapidement en cas de passe verticale : Sur le coup d’envoi, Kimmich (stoppeur droit) va chercher directement Douglas Costa (attaquant axe droit) sous la pression de Kiessling. Le Brésilien sera chargé (repris) par Kampl sur sa prise de balle avant que Calhanoglu n’emboite le pas, profitant tous les deux de la position médiane du bloc : seul Kiessling s’était « jeté » sur Kimmich car le jeune allemand était en possession du ballon.

Même dans les situations où le cœur du jeu Kampl / Kramer n’était plus en position d’intervenir sur Lewandowski / Douglas Costas servis dos au but, les centraux Tah et Toprak faisaient parler leur impact et intervenaient également « par derrière » sur les contrôles du duo d’attaque du Bayern.

Certes, en positionnant ainsi son équipe, Schmidt laissait d’emblée sa défense à 4 contre 4 face à Coman – Lewy – Douglas – Robben. Mais en créant cette égalité numérique si loin du but de Leno (à 40m environ), le Bayern ne pouvait pas en tirer grand-chose en sollicitant directement son quatuor offensif. Et ce même quand Vidal tentait d’être le 5e homme de cette attaque fournie.

Au delà des qualités physiques et de l’intelligence tactique de ses joueurs, l’équilibre de Schmidt tenait grâce à 3 principes :

  • Compacité verticale pour s’échanger les marquages sur les passes verticales
  • Agressivité maximale sur le porteur pour forcer ce jeu vertical et empêcher les joueurs visés de se retourner
  • Compacité horizontale pour rester proches les uns des autres et ainsi bien protéger l’axe (surtout si Kramer et Kampl étaient haut)

Le Bayern va trouver plus de solutions après l’entrée de Müller et le passage de Douglas Costa en tant qu’ailier gauche (plus d’ailiers inversés et beaucoup de centres directs), mais il continuera à souffrir sur les phases de gros pressing de Leverkusen.

Une piste pour  Slimani et les ailiers du Sporting avant le match de jeudi ? En tout cas, un match également intéressant en vue du choc face à la Juve dans une semaine, qui verra à nouveau le Bayern évoluer face à un 4-4-2 à plat. Avec le même pressing ?

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2 réponses à “Bayer 0–0 Bayern : Le Bayern bloqué par le pressing de Schmidt

  1. Guardiola sur-coter

    Excellent article !

  2. Pingback: Juventus – Bayern : Preview tactique | premièretouche

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