#Beşiktaş2015 : Présentation tactique du Club Bruges

Leader de Pro League avec un point d’avance sur Anderlecht, le Club Bruges de Michel Preud’homme réalise également un beau parcours en Europa League. Entre rigueur défensive et flexibilité offensive, liste des arguments belges avant le match aller en Belgique face au Beşiktaş.

Le milieu offensif Lior Rafaelov, félicité après son but par le milieu de terrain Ruud Vormer

Lior Rafaelov, félicité après son but par le milieu de terrain Ruud Vormer

Une équipe flexible

Coach du Club Bruges depuis 2013, Michel Preud’homme a bâti une équipe flexible et compétitive. Leader de leur championnat avec 55 points en 28 matchs (1 point d’avance sur Anderlecht) les Brugeois proposent un football d’attaque et de possession, mais savent faire preuve d’une grande capacité d’adaptation si l’adversaire entre sur le terrain avec l’ambition de contrarier ce plan.

Trois ingrédients permettent à l’équipe d’exprimer cette souplesse dans le jeu : largeur, disponibilité et verticalité. Auteur pour l’instant d’une très belle campagne européenne, les Blauw and Zwart ont surement réalisé leur meilleure performance de la saison à Copenhague.

Largeur et disponibilité pour sortir les ballons…

Face à l’agressivité de l’équipe emmenée par Ståle Stolebakken, le Club Bruges a utilisé ces vertus offensives pour annihiler le pressing adverse avant de faire mal dans le dernier tiers. Grâce à ses talents offensifs – notamment l’ailier israélien Refaelov, très en vue ce jour là – mais surtout grâce à l’égalité numérique produite face à la défense à 4.

Au moment de relancer, la première ambition collective du Club Bruges est d’étirer le bloc adverse. Les latéraux, de Fauw et Meunier (ancien attaquant) mangent les lignes de touches et, dans le cœur du jeu, Vormer et Vasquez décrochent et transforment le 4231 en 433 le temps d’une relance qui se veut courte et propre.

La disponibilité de Vasquez – formé au Barça et leader technique de l’équipe – est une clé de ces sorties de balles presque Lavolpienne mises en place par Michel Preud’homme. Dans la vidéo ci-dessous, on le voit bouger à plusieurs endroits pour offrir des solutions à ses défenseurs et aider Simons (seule sentinelle devant la défense en phase offensive) à se libérer du marquage souvent serré sur lui. Reafaelov devrait être aligné en 10 à la place de l’Espagnol Jeudi prochain, il devra faire preuve de la même mobilité.

la disponibilité de Vasquez et Vormer tranforme - dans un premier temps - le 4231 en 433

la disponibilité de Vasquez et Vormer tranforme – dans un premier temps – le 4231 en 433

…Verticalité et égalité numérique pour combiner et punir

Une fois ce pressing contesté grâce à la largeur et aux décrochages, le Club Bruges « re-bascule » dans une sorte 4231 pour être efficace dans le dernier tiers. Les Danois de Ståle Stolebakken – qui avaient posé de gros problèmes au Barça de 2011 – ont eu l’audace de tenter un pressing total : 6 hommes (les « 2-3-1 » du 4-2-3-1 danois) pressaient la défense et le milieu Brugeois (les 4-2, du 4-2-3-1 brugeois).

Avec beaucoup de pragmatisme et d’intelligence situationnelle, le jeu long est alors immédiatement choisi par le gardien ou les défenseurs belges en cas de gros pressing adverse. Derrière, la projection met la défense adverse en péril et la fait reculer.

Relayeur aux côtés du capitaine Timmy Simons, le Néerlandais Ruud Vormer, est à la fois précieux par ses décrochages pour ressortir le ballon, et par ses projections verticales pour se joindre à Tom de Sutter face aux 2 axiaux adverses.

Au moment de jouer long, le jeu dos au but de De Sutter est également une solution. Un schéma qui peut même s’accentuer avec sa doublure Obbi Oularé, encore plus puissant et aérien comme en atteste son but (ouverture du score à l’aller) de la tête, inscrit face à Aalborg lors du tour précédent.

La grande force de l’animation offensive de Preud’homme est là, : il a réussi à faire l’amalgame entre deux projets de jeu : d’abord l’ambition de relancer court et d’utiliser la largeur ; mais aussi le pragmatisme et la lucidité de « punir »  l’éventuel pressing adverse grâce au jeu long vers ses joueurs offensifs, aidés quand il le faut par des milieux et des latéraux qui n’hésitent pas à accompagner les attaques.

Une fois crée grâce à cette flexibilité dans la relance, l’égalité numérique permet la combinaison, et la frappe.

D’ailleurs, il est à noter que les mouvements sont quasiment toujours conclus par des frappes ; lointaines, s’il le faut. Comme en témoigne leurs 47% (47 !!) de tirs produits hors de la surface en coupe d’Europe, illustration à Allborg en 1/16 avec ce chef d’œuvre de Refaelov, depuis la position axiale qu’il devrait occuper en l’absence de Vasquez.

Si Vormer est très plongeant en phase offensive, sa capacité à frapper de loin est un argument offensif de poids pour les Belges si la défense adverse recule trop.

47% des tirs du Club Brugges sont produits à l'extérieur de la surface (whoscored.com)

47% des tirs du Club Brugges sont produits à l’extérieur de la surface (whoscored.com)

Simons en garant de l’équilibre

Sur le papier, l’équipe Belge se présente en 4231, même si ce schéma peut évoluer en fonction du nombre d’attaquant adverses, à l’image de la logique de Marcelo Bielsa avec l’OM. Contre le Torino en poule, ou Aalborg en 1/16e de finale, Michel Preud’homme s’était adapté au duo d’attaque adverse en alignant une défense à 3. Une situation qui ne devrait pas se produire face au Beşiktaş, Demba Ba étant le plus souvent aligné seul à la pointe de l’attaque.

A l’image de Bielsa, le technicien belge base son système sur la présence d’un défenseur supplémentaire dans l’axe, avec un système de marquages individuels sur le reste du terrain. Cela dit, le bloc est médian et le pressing n’est pas suicidaire.

Les Bruggeois ont montré peu de faiblesses défensives à Coppenhague, mais ont tout de même connu quelques moments de flottement avant d’ouvrir le score. Sur les côtés, le marquage des ailiers brugeois (ce jour là Gedoz et Refaelov) n’est pas toujours irréprochable, et si les latéraux sont emmmenés loin de leur zones par le déplacement de leurs adversaires directs, un espace peut se créer dans leur dos (voir vidéo).

Si l’adversaire se présente en 4231, comme c’est le cas pour BJK, Simons prendra José Sosa (puis Arslan ?) au marquage, alors que Mechele et Duarte devront gérer Demba Ba.

Simons, 38 ans et capitaine du Club Bruges, est la base de l’équilibre de l’équipe. A la fois sur le plan offensif pour son importance dans la relance, et sur le plan défensif pour le surnombre axial dont il est le garant.

Sur la vidéo ci-dessous, on le voit sortir de sa zone pour compenser le marquage d’un milieu de terrain après un oubli de Refaelov. L’effet domino offrira une position de frappe aux Danois.

Cette saison, les Brugeois n’ont chuté que 3 fois en Pro League, mais déjà 2 fois en février. Lorsque Bruges évolue à 4 derrière, le capitaine belge assure le surnombre par sa couverture défensive. Forcément, si un joueur offensif arrive à se glisser dans son dos, cet équilibre n’existe plus. C’est ce qu’est parvenu à réaliser Thomas Matton pour Courtrai lors du succès des siens 2-0 face au Club Bruges. Une clé offensive pour le Beşiktaş ?

Victor

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