Barcelone 2 – 2 La Corogne : Le Depor en contrôle grâce à son losange

Auteur d’un match nul mérité au Camp Nou samedi dernier, le Deportivo la Corogne a posé de gros soucis au Barça en 4-4-2 losange, grâce à une animation défensive efficace et intelligente. Avant d’ouvrir le score sur coup-franc par Messi en fin de première mi-temps, le Barça – privé de Neymar – était sans réponse face au pressing et au repli bien pensé des hommes de Victor Sanchez del Amo. Analyse d’un plan de jeu qui a fonctionné.

Suarez frustré face aux lignes serrées du Depor

Suarez frustré face aux lignes serrées du Depor

Contrôle en 4-3-1-2 :

Devant, les attaquants Jonathan Rodriguez et Lucas Perez ainsi que le numéro 10 Fajr devaient gérer les 4 défenseurs et Busquets. Ils s’organisaient comme suit, selon le côté du ballon :

  • L’attaquant côté ballon coupe la relation central – latéral (Rodriguez entre Alba et Mascherano par exemple)
  • L’Attaquant opposé restait au contact du central opposé (Lucas Perez sur Pique, si le ballon est chez Alba)
  • Le numéro 10 (Fajr) était en marquage individuel sur Busquets
  • Le latéral opposé du Barça était laissé libre

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Au milieu, 4 joueurs devaient donc gérer les 3 milieux catalans, ainsi que le latéral investi dans le jeu placé : Le relayeur côté ballon devait occuper une position intermédiaire entre le latéral et « son » relayeur. Si Alba ou Alves étaient en position de créer le danger ou d’entrer dans le camp adverse, alors Juanfran ou Luisinho devaient sortir sur le latéral catalan.

Dans ce cas, le marquage du relayeur barcelonais « abandonné » devait être récupéré par la pointe basse du losange, Alex Bergantiños, qui se comportait comme un libéro du milieu de terrain, couvrant ses relayeurs, et récupérant à tour de rôle les marquages de Rakitic et Iniesta. Là, encore le Deportivo prenait le parti d’abandonner Alba ou Alves à l’opposé, selon le côté du ballon.

le schéma de pressing du Deportivo selon le côté du ballon

le schéma de pressing du Deportivo selon le côté du ballon

Les Barcelonais ont multiplié les changements d’ailes d’un bout à l’autre du terrain. À cet égard, il est intéressant de constater que l’immensité du terrain a plutôt – fait rare – avantagé l’adversaire du Barça, qui avait le temps de coulisser, avant que le ballon « n’atterrisse » de l’autre côté.

Privés de relai court par le marquage individuel de Fajr sur Busquets et par les (changements de) marquages au cœur du jeu, les Barcelonais étaient également privés de profondeur par le 4 contre 3 créé de fait derrière par Víctor Sánchez del Amo.

Les latéraux Navarro et Laure étaient au marquage de Messi et Sandro (remplaçant de Neymar) pour les empêcher de représenter une solution verticale face au pressing, mais ils lâchaient intelligemment leur marquage lorsque les ailiers Barcelonais décrochaient jusqu’à la zone des milieu de terrain galiciens.

Là, la position médiane du bloc et la rigueur du repli permettait à Luisinho et Juanfran (les deux 8 du 4-3-1-2) de récupérer le contrôle de Messi ou Sandro balle au pied. Privés de la possibilité de créer un 2 contre 1 face aux latéraux du Depor – ou même d’attaquer leur zone, comme aime à le faire Rakitic à droite – les Barcelonais devaient jouer prématurément en profondeur vers Suarez, dont la verticalité était contrôlée par le duo Sidnei – Arribas.

Repli : Bloc à 7

Avec ce bloc en 4+3, Victor Sanchez se garantissait un grosse densité axiale et une certaine compacité entre les lignes, compliquant le travail de Rakitic et Iniesta en appui entre le milieu et la défense. Jouer dans le dos de cette dernière n’était pas non-plus une option fiable, avec un alignement parfait, sur la ligne des 16 mètres, de façon à ce qu’aucun joueur ne soit servi en jeu dans la surface. En comptant sur la densité axiale de ce bloc à 7 (4+3) le Depor a bien contenu le jeu placé du Barça.

la ligne des 16m comme point de repère pour l’alignement en phase défensive

la ligne des 16m comme point de repère pour l’alignement en phase défensive

En partant du principe que Busquets et les centraux et le latéral opposé (3 joueurs, il en reste 6) ne s’impliquent que très rarement dans le camp adverse, il aurait fallu une double implication, à la fois d’Alves et de Alba pour créer un véritable danger avec du jeu placé, et le Depor pouvait résister en phase de repli, d’autant plus que Fajr venait donner de la densité au milieu de terrain (le faisant passer de 4+3 à 4+4), s’il était trop écarté par le jeu de position du Barça.

Incapable de se créer la moindre occasion franche face à ce plan de jeu cohérent, le Barça va ouvrir le score sur un coup-franc de Messi, concédé sur une faute assez évitable de Luisinho sur Suarez, alors que l’Uruguayen n’avait aucune solution et faisaient face aux 4 défenseurs du Depor.

 

Un plan intelligent

En prenant le parti de former un bloc à « seulement » 7 joueurs en phase de repli, les Galiciens ont pris un risque contrôlé. Ils ont parfaitement lu le jeu de position de ce Barça plus vertical que ses prédécesseurs, comme l’indiquait récemment Messi. Les Catalans prennent désormais rarement le temps d’impliquer plus de 6 joueurs dans l’attaque placée dans le camp adverse. En impliquant 4 défenseurs et 3 milieux dans une formule très compacte, Sanchez Del Amo s’est donné les moyens d’en positionner 3 autres assez haut, ce qui lui a permis d’imprimer un certain pressing. Ainsi, le Depor s’est donné de l’oxygène, et a pu gêner le Barça sur les seconds ballons après avoir dégagé.

Les Galiciens, se sont échangés les marquages intelligemment pour que le bloc ne perde jamais sa structure. Lors de la dernière finale de la Coupe du Roi, l’Athletic Bilbao avait mis Balenziaga (arrière gauche) au marquage individuel sur Messi. Le plan avait tenu un quart d’heure.

Del Amo a également utilisé le marquage individuel ciblé en plus de la zone. Mais plutôt que Messi, c’est Busquets qu’il a choisi de marquer individuellement. En isolant la pointe basse du Barça, il a coupé le circuit préférentiel de renversement des Catalans, obligés de procéder par des longues transversales pour changer d’aile, laissant ainsi le temps au bloc Galicien de coulisser sur la largeur, pour mieux recommencer à presser, ou se replier en contrôlant la profondeur.

 

Victor

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Une réponse à “Barcelone 2 – 2 La Corogne : Le Depor en contrôle grâce à son losange

  1. Le plan du Depor est intéressant, je pense aussi que bloquer Busquets doit être la priorité des priorités. Mais j’ai vu ce match, et je pense que c’est surtout le Barça qui a été mauvais, à force de voir les 3 de devant faire des merveilles, il y a du relâchement derrière eux et le jeu collectif baisse, et quand il manque Neymar, il y a moins de merveilles forcément…

    On dirait que ce Barça ne sait plus gérer avec le ballon dans les pieds, en seconde mi-temps ça attaquait comme s’ils étaient prisonniers de ce jeu direct, alors que le Depor n’attendait que ça, sous Guardiola leur possession pouvait être stérile et manquait de provocation, sur ce match j’ai trouvé que les provocations étaient stériles et que ça manquait de gestion.

    Au final, quand ils se sont retrouvé à 2-2, ils se sont retrouvés inoffensifs individuellement, Iniesta tentait la dernière passe, Messi tentait la dernière passe, mais collectivement, y’avait rien du tout. Alors avec Neymar ça aurait été autre chose, mais j’espère pour eux qui se blessera pas pour la LDC, et je trouve dommage la façon dont les 3 du milieu (surtout Busquets) se retrouvent en retrait par rapport aux 3 monstres.

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