Real Sociedad 3-1 Barcelone : contradictions et faiblesses défensives du Barça de Martino

Battu pour la deuxième fois en quatre journées de Liga, sur la pelouse de la Real Sociedad, le Barça a fait étalage de ses lacunes, et a fait preuve d’une inquiétante perméabilité. Indisciplinés sans le ballon et battus dans les airs, les Catalans ont failli défensivement. Collectivement et individuellement.

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Gerard Pique, en difficulté dans le duel aérien, samedi face aux Basques

Après son succès mardi face à City, le Barça se présentait à Aoneta pour y défier la séduisante Real Sociedad, 5e de Liga. Adepte du turnover, Martino conservait son dispositif habituel en y opérant quelques changements. Derrière, Montoya et Adriano remplacent Alba et Alves, Bartra remplace Mascherano et au milieu, Song prend place en 6, alors que Busquets évoluait en 8. A gauche, Neymar remplace Cesc, alors que Pedro débute à droite, à la place d’Alexis.

Ca a été dit et répété, cette année, le Barça a évolué tactiquement. D’un pressing tout terrain intense et d’une ligne défensive très haute, jouant constamment le hors-jeu, le Barça est passé à un plan nouveau. Les Catalans chassent moins le ballon haut, et gênent donc beaucoup moins la relance que par le passé.  Quand les attaquants harcelaient les défenseurs adverses dans leur propre surface, les ailiers se replient à hauteur de la ligne médiane. Sous Martino, le Barça est passé à une sorte de défense en zone. Mais une zone imparfaite.

Faillite collective : La zone et ses contradictions

Défensivement, l’évolution de ce Barça est contrariée. Il évolue désormais plus en 4141 qu’en 433. Etant donné qu’il ne presse plus tout-terrain, en théorie, 9 joueurs sont (ou devraient) être derrière le ballon en phase défensive, excepté Messi, quasiment toujours devant le cuir et exempté de ce travail.

Problème : La ligne Pedro – Busquets – Iniesta – Neymar n’en est jamais vraiment une. Trop attirés par le ballon et indisciplinés quand ils ne l’ont pas, les Catalans peinent à « attendre » en phase défensive. Ainsi, il suffit d’une passe bien sentie vers l’avant au milieu de la Real pour éliminer trois ou quatre joueurs d’un coup. Une faiblesse défensive dont le bloc médian de Tata devrait prémunir le Barça.

Le Barça en difficulté face au jeu direct et tranchant de la Real Sociedad, se met en difficulté. Et passe à la caisse sur les coups de pieds arrêtés défensifs.

Le Barça en difficulté face au jeu direct et tranchant de la Real Sociedad, se met en difficulté. Et passe à la caisse sur les coups de pieds arrêtés défensifs.

Si le Barça a évolué dans l’animation et la relance, c’est bien à une réforme, plus qu’à une révolution qu’on assiste cette année. Parfois, le cocktail des recettes du passé et de celles du présent est explosif. Et pousse les Catalans à la faute. L’énorme occasion que se procure Vela à la 40e est parlante : Quand la Real allonge, les blaugrana immédiatement en difficulté. Pique tente de contrôler la longue passe de Zurutuva au lieu de dégager ou de laisser filer à Valdès, comme cette défense basse – et cet espace plus réduit entre lui et son gardien – l’imposerait.

Séquence symptomatique d’un Barça qui ne sait que trop mal défendre en reculant et qui ne tourne pas totalement la page Guardiolienne dans sa façon de relancer, voire d’animer.

En définitive, cette contradiction les met en danger.

Faillite individuelle dans les airs

Si l’échec de samedi peut s’expliquer par cette contradiction dans l’attitude défensive, elle est trahie également la régression athlétique et aérienne de ce Barça derrière. Dès que les Basques ont allongé, le Barça a vacillé. On l’a vu sur le premier but (c.s.c Song, 31e). Quand Claudio Bravo dégage, la défense est basse et les lignes sont distendues, comme ce fut souvent – et fatalement – le cas face à Valence (2-3). Le dégagement de Bravo atterri dans la « zone libre » et donne l’impression de n’être ni pour le milieu ni pour la défense. En retard sur Zaldua, Pique est battu, avant que Song ne soit mis sous pression par Vela. Sur le corner qui suit, le Barça passe à la caisse, payant sa faiblesse défensive dans les airs (7 buts de la tête sur les 20 encaissés cette saison).

En orange, les buts encaissés de la tête par le Barça. (source : Squawka.com)

En orange, les buts encaissés de la tête par le Barça. (source : Squawka.com)

On pouvait également constater cette faiblesse sur le deuxième but, inscrit par Griezman (54e). Quand Claudio Bravo allonge, Bartra hésite : D’abord quatre pas en arrière avant d’aller finalement au duel avec Canales. Trop court, le défenseur catalan arrive en retard et prolonge le ballon vers Vela, qui n’était donc pas hors-jeu, malgré la ligne. L’indécision d’un stoppeur qui ne sait pas s’il doit couvrir ou avancer, une détente douteuse, et voilà le Barça mené à Anoeta. Et déjà privé de certitudes défensives que sa victoire à Manchester ne saurait lui garantir. Même musique quand Vela trouve le poteau à la 81e. C’est toujours un long dégagement de Bravo entre le milieu et la défense qui permet la création du décalage, dans des circonstances similaires.

Le Barça défend plus bas, et quand la Real allonge, il faillit individuellement dans les airs, à l’image de Pique sur le premier but et de Bartra sur le second.

Le Barça défend plus bas, et quand la Real allonge, il faillit individuellement dans les airs, à l’image de Pique sur le premier but et de Bartra sur le second. Sur le 3e, c’est encore un alignement approximatif qui trahit les Catalans.

La vie d’Tata

La rénovation tactique de Tata Martino cette année est extrêmement intéressante. Et mérite d’être encouragée. Cela dit, elle est imparfaite car contrariée, complexée. En n’allant pas au bout de ses idées, en voulant rénover le Barça sans assez s’émanciper de son dogme Cruyfiste, Tata Martino a le cul entre deux chaises.

Face à une Real Sociedad volontaire, dont le coefficient de spectacularité n’est plus à prouver, le Barça a payé ses  contradictions : défendant plus bas, mais sans discipline derrière le ballon et manquant de pragmatisme dans la relance ; hésitant entre le recul-frein et le piège du hors-jeu, les Catalans manquent d’une direction claire dans leur approche défensive.

Cette défaite post-Champions’ est aussi un échec pour le turn-over de Tata Martino. Neymar s’est montré particulièrement inefficace défensivement et discret offensivement, alors que Song a encore une fois rendue une carte trop pauvre techniquement pour occuper le poste de Busquets.

Le plus triste pour Martino, qui fait face à deux concurrent redoutables en Liga cette saison : Si ces contradictions et cette semi-réforme causaient sa perte en terme de résultat, il pourrait bien ne pas bénéficier d’un second mandant pour aller, cette fois-ci au bout de sa révolution. Dans le Barça post-Xavi.

Victor

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3 réponses à “Real Sociedad 3-1 Barcelone : contradictions et faiblesses défensives du Barça de Martino

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